#allezlesbleues

Interview d'Amandine Henry

« J’aime cette région » Amandine Henry, la capitaine et milieu des Bleues, clame sa fierté d’appartenance aux Hauts de France.

Amandine a découvert le football à l'âge de cinq ans. Elle fait partie de la première génération de footballeuses qui peut vivre de sa passion. Aujourd'hui, elle est une icône dans son pays et un modèle pour les footballeuses en herbe de sa région natale. Confessions d'une étoile bien installée au firmament du football féminin.

"Vous êtes reconnue, grâce à vos titres individuels et collectifs, comme l’une des meilleures joueuses du monde. Vous incarnez aujourd’hui un motif de fierté supplémentaire pour les habitants de votre région natale ; les Hauts de France. Avez vous gardé un lien affectif avec cette région ?

Les Hauts de France sont mes origines. J’aime cette région car, comme on dit : « on ne pleure que deux fois. C’est souvent quand on vient ici. Et quand on en repart. » (sourire). Les gens sont tellement chaleureux que l’on ne peut que se faire des amis. Pour moi, c’est super important de savoir d’où je viens et je suis fière d’être Nordiste.

Vous êtes la marraine d’un club de jeunes joueuses de foot ; les filles Foot Douaisis. Est-ce important pour vous de soutenir la pratique et le développement de ce sport dans votre région natale et en France ?

Je suis la marraine d’un club qui s’appelle effectivement Foot Douaisis. C’est un très bel engagement, une grande fierté et surtout, c’est chez moi, dans la région du Nord. Cet engagement me permet d’aider et d’encourager les jeunes filles à pouvoir s’épanouir dans des clubs de football, à développer leur passion comme j’ai pu le faire moi-même sur les terrains de la région. C’est très enrichissant d’un point de vue personnel et bénéfique pour elles, je l’espère. J’essaie d’être le plus présente possible même si avec la distance, ce n’est pas toujours facile. Mais c’est un engagement qui me tient à cœur.

Valenciennes est l’une des 9 villes hôtes pour l’accueil de matchs de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™ (la seule des Hauts de France). Une fierté pour le territoire de Valenciennes Métropole, qui a porté Haut et fort la candidature de son territoire et celle du stade du Hainaut. En octobre 2017, vous avez eu l’occasion d’y disputer un match amical face à l’Angleterre. Quels souvenirs gardez-vous de cette rencontre, de l’ambiance et de l’équipement sportif ? 

Je me souviens parfaitement de ce match contre l’Angleterre. On avait gagné 1-0 dans les dernières minutes (NDLR : but de Viviane Asseyi). Le stade du Hainaut était plein, avec 20 000 personnes pour nous soutenir dans une ambiance formidable. Pour moi c’était un grand rendez-vous. Tous mes proches étaient dans les tribunes et le fait de jouer dans le Nord est une grande fierté. On a envie de montrer que l’on a progressé, surtout avec l’Equipe de France, parce que c’était un rêve de petite fille. Jouer près de chez moi avec le maillot bleu sur les épaules était un rêve qui se réalisait.

Rayonnant au cœur du Hainaut-Cambrésis, le Stade du Hainaut, dont la capacité d’accueil est de 25 000 spectateurs, reçoit régulièrement des manifestations sportives d’envergure nationale et internationale. Il recevra en juin l’élite internationale du football féminin avec notamment les équipes d’Allemagne et des Pays-Bas.

Pouvez-vous nous donner les points forts de ces deux équipes ? Quels sont vos pronostics pour les matchs Allemagne-Espagne et Pays-Bas-Cameroun ?

Quand on parle de l’Allemagne, on parle d’une nation qui a une grande histoire dans le football féminin, et qui a un sacré palmarès avec de très bonnes joueuses. Pour moi, l’Allemagne, jusqu’à présent, c’est la culture de la gagne. Les Néerlandaises, sont, elles, les championnes d’Europe en titre. Il y a une très belle évolution du football féminin dans ce pays ces dernières années. Je pense que ça va faire de très belles rencontres. Mon pronostic pour Allemagne-Espagne : 2-1. Et Pays-Bas Cameroun, je vais dire 2-0 pour les Néerlandaises.

Le VAFC a mis en place des sections féminines dès la saison 2017-2018. Dans notre magazine nous présentons le témoignage de l’une des jeunes recrues prometteuses; Angèle Corchand (13 ans) qui rêve de devenir joueuse professionnelle. Quels conseils lui donneriez-vous pour atteindre son but ?

En outre, quel message adresseriez-vous à toutes les petites filles qui rêvent d’être footballeuses ?

Les conseils que je pourrais donner sont simples : il faut travailler. Le talent, c’est une chose mais le travail fait partie de la panoplie indispensable pour devenir une joueuse complète. Je conseillerais aussi d’avoir un très bon mental, de ne jamais baisser les bras. Il faut également savoir bien s’entourer. C’est essentiel. On peut vite être dans la lumière mais on peut très vite retomber dans l’ombre. Continuer ses études reste primordial parce que le foot, c’est une chose mais si ça ne va pas, en cas de blessure par exemple, il faut pouvoir rebondir. C’est également un bon moyen de garder les pieds sur terre et d’avoir une vie en dehors du foot. C’est très important.

David Boulka